29 juillet 2008
François Berléand : le fils de l'homme invisible

« Je m'appelle François Berléand, j'ai presque onze ans, je ne prends pas la parole sans y avoir été invité par un adulte, je mange de tout, mais je n'ai pas une grande passion pour les carottes râpées, les endives et les épinards. Je ne pose pas spécialement de problèmes. Dans ma chambre j'ai un piano, une radio, un bureau et une grande armoire en teck. Et je suis le fils de l'homme invisible. »
Un soir d'hiver, dans la famille Berléand, le père de François, qui a sans doute abusé de la vodka, déclare à son fils : « De toute façon, toi, tu es le fils de l'homme invisible. » Cela ne fait rire personne autour de la table, et personne ne vient démentir le père de François. C'est le début d'une singulière et terrible histoire d'enfance et d'adolescence, chahutée tout d'abord, puis brisée peu à peu par ce faux secret qui n'est qu'une mauvaise blague. Au début, c'est très amusant d'être le fils de l'homme invisible, mais, dès lors qu'on se met à y croire, cela peut devenir angoissant, poignant, tragique. Ainsi les années de lycée du petit François se déroulent-elles dans ce climat tragi-comique où, inexorablement, la peur de l'enfant s'installe : il est différent des autres, sûrement pas très normal, peut-être mongolien. Ses parents le lui ont toujours caché pour ne pas lui faire de la peine.
Voilà des années que, d'interview en interview, François Berléand raconte sa drôle d'histoire. Il aura attendu le temps et le recul nécessaires pour l'écrire enfin.
Biographie de l'auteur
François Berléand est né à Paris en 1952. Le fils de l'Homme invisible est son premier livre.
Mon avis : Eh bien, ce premier livre est une vraie réussite et l'histoire de ce gamin perturbé (nous ne pouvons en tant que parents ou éducateurs, omettre la portée des paroles que nous adressons parfois à nos enfants, et à l'impact négatif que celles-ci peuvent avoir sur un esprit peu mature et malléable, lorsqu'aucune explication ne suit cette parole- on dit que le non exprimé "tue"!) est d'autant plus émouvant que c'est l'auteur lui même qui nous offre avec le détachement nécessaire, le récit de sa souffrance et le combat qu'il a mené pour devenir lui-même. Très intéressant.
15 juillet 2008
Wladyslaw Szpilman : le pianiste
Ce livre est un document exceptionnel. D'abord publié en 1946 en Pologne, au lendemain de la défaite nazie, il fut presque aussitôt proscrit par le régime communiste d'alors. Il faudra plus de cinquante ans pour que les Polonais et le monde entier découvrent enfin ce témoignage hors du commun, poignant et sobre, récit d'un survivant du ghetto de Varsovie.
Lorsque l'armée hitlérienne envahit la Pologne, Wladyslaw Szpilman vit avec ses parents et ses frères et soeurs à Varsovie et travaille pour Radio Pologne. La chute de la ville entre les mains allemandes fait basculer leur destin. Les portes du ghetto vont bientôt se refermer sur eux, et sur un demi-million de Juifs polonais, condamnés à l'esclavage, aux privations et à la mort.
Szpilman essaie tout de même de fournir des armes à ses camarades juifs qui résistent aux allemands. La confrontation est terrible. Wladislaw est tout de même hébergé par des gens braves qui lui apportent de la nourriture par intermittence pour ne pas éveiller les soupçons des nazis. Il tombe gravement malade et les Russes s'apprêtent à investir Varsovie. Mourant de faim et de soif, il se cache des allemands dans un petit grenier.
Puis un officier allemand (le Capitaine Wilm Hosenfeld) finit par le trouver. Wladislaw croit sa fin toute proche. Mais l'officier lui offre à boire et à manger et lui laisse son manteau.
L'officier allemand est quant à lui fait prisonnier par les Russes mais Wladislaw ne pourra pas lui venir en aide.
Mon avis : Ce récit composé de phrases courtes et incisives est très prenant. Le lecteur ne peut s'empêcher de se laisser prendre à son tour dans le flot de ces tristes événements qu'ont subi ce peuple en exil durant la seconde guerre mondiale. Le ton n'est pas d'un misérabilisme complaisant, il est plutôt l'indicatif de la lutte pour la survie, vaille que vaille
Le récit se termine sur cette magnifique leçon d'humanité qui nous est donnée par cet allemand, qui au-delà de l'obéissance aveugle à la doctrine sauvage prônée par les dirigeants de son pays, va donner sa vie pour sauver celle des autres...
Cet homme juste et proche de son coeur nous aidera, je l'espère à ne pas désepérer de nos semblables, et à nous dire, que là ou peut règner la bassesse et l'horreur (dans le champ de bataille du coeur humain), nous pouvons également trouver de l'altruisme et de la grandeur....
Pour ne jamais oublier la grandeur et le sacrifice de cet homme (Capitaine Wilm Hosenfeldt), je vous mets sa photo. C'était un homme marié qui avait des petits enfants à l'époque, et qui était maître d'école pour les petits...
En hommage à son sacrifice....
12 juillet 2008
Primo Levi : si c'est un homme
'Si c'est un homme' est un récit autobiographique. Libéré d'Auschwitz, Primo Levi témoigne. Il décrit la peur, l'instinct de survie, la mort et l'humiliation qu'ont vécus les déportés. Il fait partie d'un convoi de six cent cinquante Juifs, mais seulement quatre-vingt-seize hommes et vingt-neuf femmes sont épargnés. Les autres, déclarés invalides, sont immédiatement gazés. Ils luttent tous contre la déshumanisation dont ils sont les victimes : on leur retire leur nom, ils sont tatoués comme du vulgaire bétail. Malgré tout, l'auteur parvient à se faire quelques amis : Lorenzo, un ouvrier, mais surtout Alberto, son meilleur ami... Vivre, non. Simplement survivre.
Mon avis : J'ai apprécié ce superbe témoignage d'humanité qui même confrontée à l'Horreur la plus extrême, possède toujours le libre arbitre moral pour choisir entre l'avilissement ou son contraire, la grandeur!
18 mai 2008
salome : passeur de vies
Apprendre à vivre en harmonie avec soi-même et avec autrui est sans doute la plus belle aventure que propose la vie, mais aussi la plus douloureuse, la plus inquiétante. Il s’agit de quitter le connu, de s’affranchir des idées reçues, pour oser réécrire l’histoire de sa vie avec des mots qui nous éveillent et nous élèvent. Avec une sincérité émouvante et une lucidité admirable, Jacques Salomé reprend pour nous les traces de ses échecs, de ses souffrances intimes, de ses incompréhensions, de ses errances, et de ses propres découvertes fondamentales. Dans cet ouvrage vif, percutant, sans complaisance, et souvent bouleversant, nous découvrons que si l’oeuvre littéraire de Jacques Salomé est immense (déjà plus de 30 livres) , sa plus grande oeuvre est, indiscutablement, sa vie, qu’il dévoile pour la première fois afin que nous comprenions mieux la nôtre.
Mon avis : cette autobiographie nous explique le cheminement très personnel de Salomé et la genèse de sa pensée très claire et pleine d'humanité. A lire absolument!
26 avril 2008
Etty Hillesum : une vie bouleversée
Une vie bouleversée
Etty Hillesum est juive. Elle commence un journal en 1941, sa seule publication à ce jour. À 27 ans, sa foi en la vie, en l'homme et en l'art étonnent, d'autant que la guerre et ses mesures antisémites sévissent. Mais à peine en fait-elle part dans son journal qu'elle emploie plutôt à se dire, à comprendre sa relation au monde, aux autres et à Spier, l'homme qu'elle aime, également psychanalyste et disciple de Jung. Alors que l'humanité s'avilit, la voix de la jeune Néerlandaise s'élève comme une incantation, d'une pureté sans fard et sans naïveté. En 1943, sa famille est déportée à Westerbork. Avant même d'être appelée, elle la rejoint, accomplissant le voeu qui clôture son journal : "On voudrait être un baume versé sur tant de plaies.

Mon avis : cela fait plus de 10 ans que j'ai lu cette oeuvre qui m'a profondément marquée par son humanisme profond et son altruisme très sobre.Chez cette jeune femme, la pensée et le coeur sont en parfaite harmonie. Et cette cohésion, cette solidité intérieure permet à cette âme d'exception de dépasser l'horreur du génocide, et de couvrir de sa lumineuse tendresse, la faiblesse et la souffrance de ses compagnons et compagnes de misère..Un livre à lire absolument, pour nous aider à croire au meilleur, à ne jamais désespérer, et à nous faire comprendre le sens du véritable bonheur...qui ne peut se vivre qu'en s'offrant..Un livre que j'ai également appréciée pour son langage incisif, fruit d'un ressenti particulièrement profond et juste, et d'un enthousiasme à la fois passionné et retenu. Et last but not least : l'écriture est très belle..




