Les lectures de Sourifleur

Mes envies et découvertes au fil de mes voyages littéraires

02 août 2009

Delphine de Vigan : No et moi

Résumé : Lou Bertignac est une adolescente surdouée.  Enfant unique entre une mère brisée et un père champion de la bonne humeur feinte, Lou invente des théories pour apprivoiser le monde.
A la gare d’Austerlitz, elle rencontre No, une jeune fille SDF à peine plus âgée qu’elle.
No, Nolwenn, privée d’amour, rebelle, sauvage.
Des hommes et des femmes dorment dans la rue, font la queue pour un repas chaud, marchent pour ne pas mourir de froid. « Les choses sont ce qu’elles sont ». Voilà ce dont il faudrait se contenter pour expliquer la violence qui nous entoure. Ce qu’il faudrait admettre. Mais Lou voudrait que les choses soient autrement.  Alors elle décide de sauver No, de lui donner un toit, une famille.  Elle pense et agit selon son coeur, envers et contre tous.

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Mon avis : ce petit roman assez court et fort bien écrit m'a touchée en profondeur. Il brosse un portrait assez réaliste d'une adolescence remplie de rêves, d'idéaux, et d'interrogations diverses sur l'existence. Ce qui différencie le personnage principal 'Lou', de la masse, c'est la force de ses idées, et la rapidité avec laquelles elles s'enchaînent. Le très bref délai entre l'idée et sa réalisation est également plutôt inhabituel, chez une si jeune personne. Il en résulte que ses sentiments et ses émotions ressentis sans être portés par la raison, la font réagir et agir malgré elle, parfois en dépit du sens commun. Tout chez Lou part d'un véritable élan de coeur et pourtant tout lui échappe : l'amitié, cette tendresse qu'elle voulait offrir à une personne encore plus démunie qu'elle et incapable de recevoir et de donner. Cette histoire aurait pu se terminer sur une note triste, sur un fiasco total, si l'auteur à la fin de son récit, n'avait pu nous transmettre ces dernières pages exceptionnelles, où on voit une Lou sortie grandie de son épreuve, de cette blessure d'amour, s'adapter à son existence difficile, et à sa famille peu communicative, avec une résilience tout à fait exceptionnelle. Ce livre est un formidable roman d'apprentissage en soulève en nous pas mal d'interrogations.

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14 juillet 2009

Un Amélie Nothomb pour bien commencer : Acide sulfurique

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Eh voilà, la première session de nos vacances est finie, merci beaucoup pour vos gentils comm's. Vos souhaits ont été exaucés, parce que nous avons eu droit à de beaux jours ensoleillés et nous avons, Sibylline et moi, pensé à vous (et à nous!), en lisant et en achetant plein de livres. Nous sommes très contentes de vous retrouver et de partager nos trésors avec vous!

Je triche un peu parce j'avais déjà lu ce roman avant les vacances (avant même de réouvrir mon blog).

Acide sulfurique

Résumé : Concentration la dernière-née des émissions télévisées. On enlève des gens, on recrute des kapos, on filme… Tout de suite, le plus haut score de téléspectateurs, l’audimat absolu qui se nourrit autant de la cruauté filmée que de l’horreur dénoncée.
Etudiante à la beauté stupéfiante, Pannonique est devenue CKZ 114 dans le camp de concentration télévisé. Le premier sévice étant la perte de son nom, partant de son identité. Zdena, chômeuse devenue la kapo Zdena, découvre en Pannonique son double inversé et se met à l’aimer éperdument. Le bien et le mal en couple fatal, la victime et le bourreau, la belle et la bête aussi. Quand les organisateurs du jeu, pour stimuler encore l’audience, décident de faire voter le public pour désigner les prisonniers à abattre, un tollé médiatique s’élève mais personne ne s’abstient de voter et Pannonique joue sa vie…

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Mon avis : A la fois proche et différent de son célèbre ANTECHRISTA (moins méchant et plus enlevé), j'ai bien aimé ce livre pour son scénario déjanté, sa verve, et son impertinence (trait caractéristique des textes de cet auteur). C'est du pur Nothomb, oui, c'est interchangeable, on lit, on savoure, et puis on oublie. A lire uniquement pour le dépaysement. immédiat! En fait, à ma grande honte, je ne sais plus comment l'histoire se termine, mais je la relirai certainement un jour avec le même plaisir intense et éphémère.

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10 novembre 2008

Nathalie Reims : le chemin des sortilèges

C'est le second roman qui m'a été proposé par http://www.chez-les-filles.com/

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Sujet : Le personnage principal, une femme anonyme et déprimée est invité par un ancien amant de sa mère, Roland, un psychanalyste à la retraite, dans la demeure de ce dernier. Roland est un homme seul et particulièrement taciturne qui s'est beaucoup occupé de sa "belle-fille" lorsque celle-ci était toute jeune. L'enfant ayant perdu son frère et supportant mal l'abandon de sa mère, souffrait d'anorexie et se réfugiait dans ses rêves. Devenue adulte, elle confond encore sa vison onirique et personnelle de sa vie (elle s'identifie volontiers aux héroïnes en souffrance des contes de fées) et sa réalité.

Roland lui parle à travers les contes qu'il lui fait lire. La présence du psychiatre, et les lectures qu'il impose à son ancienne patiente, la font plonger d'avantage dans un imaginaire peuplé de visions et d'hallucinations auditives et visuelles (vision d'une femme et de sa petite fille habillée d'un manteau rouge - un manteau que jadis, elle avait refusé elle-même de porter-, de son frère décédé, d'Angèle, la femme de ménage qui l'avait dorlotée et qu'elle adorait et de l'épouse assez inquiétante de Roland).  Elle aime beaucoup cet homme, une figure paternelle, bienveillante mais étrangement absente.

Le monologue se termine sur l'évocation du très triste conte "la petite fille aux allumettes" d'Andersen, lorsque la narratrice se découvre seule dans la maison. Dans une ultime vison, elle revoit tous les êtres qui lui ont manqué...y compris celle de Roland.  Ses yeux s'ouvrent enfin..

Commentaire : ce récit rédigé en phrases très courtes, sans émotion, sans profondeur, ne m'a pas du tout touchée. L'histoire est particulièrement embrouillée, et reflète le désordre mental dont souffre la narratrice. Aucune analyse des sentiments, aucune intériorité dans cette souffrance qui nous est lancée à la figure et qui n'admet ni attire aucune empathie!  Je n'y retrouve aucun sens! Rien que du détachement, de la froideur.....Non, décidément, je ne relirai pas ce roman!

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13 septembre 2008

Carole Zalberg : chez eux

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L'auteur : Carole Zalberg vit dans le vingtième arrondissement de Paris. Elle a trois enfants. Traductrice et parolière, elle a publié six romans. Elle a également participé aux recueils collectifs : Aime-moi, paru chez Nicolas Philippe en 2002, De B à Z, publié par le GREC en 2007, et au beau livre 'Le geste et la parole des métiers d’art', paru au cherche midi en 2004.  Elle écrit par ailleurs des poèmes, des chansons pour divers artistes, rédige des chroniques pour le magazine culturel www.aVoir-aLire.com et a créé un site où l'on peut lire ses propres textes mais aussi découvrir les œuvres en mots ou en images de ses nombreux invités.

Chez Eux

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La petite Anna a six ans quand elle quitte la Pologne pour la France avec sa mère. Elle ne comprend qu’à demi ce qui se trame autour d’elle mais devine tout de même que la vie ne sera plus aussi belle qu’avant. On est en 1938, puis en 1939. Arrive une guerre. Quelle guerre ? Autour d’elle les grandes personnes parlent des « étrangers », des « Juifs ». Elle ne se sent pas concernée. Mais bientôt il faut se séparer des siens, se cacher – c’est la guerre. On met Anna à l’abri chez des paysans de la Haute-Loire. Des gens qui travaillent dur et ne disent rien. Elle aussi apprend à se taire : à la ferme, à l’école.
Un jour un monsieur à chapeau vient parler devant la classe. Il demande s’il y a des enfants « étrangers ». L’institutrice – elle s’appelle Cécile Tournon – répond que non. Le monsieur à chapeau interroge Anna, qui apprend ce jour-là qu’on ne doit pas tout dire.
Inspiré par l’enfance de la mère de l’auteur, un récit qui refuse résolument les facilités du genre, qui s’oblige à raconter sans tricher, sans appuyer sur la corde de l’émotion. Et l’émotion du coup est là. Nue et crue.

Mon avis : c'est un tout beau petit livre, plein de tendresse  : un témoignage de plus sur une des périodes les plus tristes de l'Histoire. Pour ne jamais oublier.

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19 août 2008

Dominique Fernandez : Porporino ou les mystères de Naples

J'en viens aux livres que j'ai appréciés, maintenant!

Biogaphie de l'auteur

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Passionné de culture italienne, Dominique Fernandez conclut ses études par l'Ecole normale supérieure et est, en 1955, diplômé d'une agrégation d'italien. En 1968, il est reçu docteur ès lettres. Après avoir travaillé un temps comme professeur à l'Institut français de Naples, il rejoint le comité de lecture de la maison d'édition Grasset et se lance dans l'écriture. Auteur d'une cinquantaine d'ouvrages, célébrés par la critique et plébiscités par le public, il est autant romancier qu'essayiste. Il obtint ainsi en 1974 le prix Médicis avec 'Porporino ou les mystères de Naples' et s'empare en 1982 du prix Goncourt avec 'Dans la main de l'ange'. Il s'est attelé également à la réhabilitation de l'art baroque dans 'La Perle et le croissant', et a rédigé de nombreux ouvrages sur les villes chères à son coeur telles que Saint-Pétersbourg et Amsterdam. Depuis quelque temps, il s'est fait le défenseur des causes encore minoritaires, notamment l'homosexualité et le PACS. Dominique Fernandez oeuvre parfois en tant que journaliste, principalement pour le Nouvel Observateur et des magazines culturels. En 2007, Dominique Fernandez reçoit une nouvelle preuve de la reconnaissance du monde littéraire en obtenant le précieux privilège d'occuper l'un des fauteuils de l'Académie française.

Porporino ou les mystères de Naples

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sujet : Ne cherchez pas Porporino dans les annales des castrats de l'opéra napolitain de la fin du XVIIIe siècle. C'est le narrateur inventé de cette autobiographie imaginaire, mais il en dit long sur " les fastes de Naples au temps de sa splendeur ". On y croisait alors le jeune Mozart ou le vieux Casanova, l'aventurière lady Hamilton ou ce fou de prince Sansevero... Au fil de ce roman cultivé, audacieux et baroque, Dominique Fernandez fait jouer, jouir, chanter, exulter une époque, tout en livrant une profonde méditation sur la liberté d'un être " prodigieusement enrichi d'avoir échappé à l'obligation d'être un homme ! ". En suivant Porporino, on se laissera, en musique, aller au rêve jusqu'aux portes de l'Eden

Mon avis : ce roman est tout simplement somptueux! Le récit plein de verve et de gravité, dense, riche en couleurs nous montre toutes les facettes d'une communauté fort méconnue et très particulière : les castrats. Cela se lit comme un opéra baroque, on passe outre les excès et outrances de l'époque pour ne retenir qu'une beauté à la fois pure et sensuelle qui va droit au coeur! 

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29 juillet 2008

Claude Pujade-Renaud : Belle-mère

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Danseuse, chorégraphe, professeur, Claude Pujade-Renaud a contribué à la diffusion de la danse moderne américaine en France. Lorsqu'elle se tourne vers l'écriture, elle devient rédactrice en chef de 'Nouvelles-Nouvelles', revue aujourd'hui disparue. Elle publie son premier roman 'Le Ventriloque' en 1978 aux éditions Des Femmes. Auteur de nouvelles et de romans, ses ouvrages ont été récompensés par de nombreux prix littéraires dont le Goncourt des Lycéens pour 'Belle-mère' en 1994 et le prix de l'Écrit intime pour 'Le Sas de l¹absence' en 1998. Claude Pujade-Renaud vit à Paris et se consacre entièrement à l'écriture.

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Quatrième de couverture
Par une petite annonce du Chasseur français, Eudoxie, quarante-sept ans, rencontre et bientôt épouse Armand, sexagénaire, veuf comme elle, flanqué de Lucien, son fils - trente ans passés, taciturne, sauvage, peut-être même à moitié fou. Et voici qu'elle s'installe dans le modeste pavillon de Meudon Val-Fleury où habitent les deux hommes... Deux ? Pas pour longtemps. La guerre qui survient est fatale à Armand : il laisse à Eudoxie la charge de l'encombrant beau-fils dont elle n'a que faire - avec lequel, cependant, elle va tenter de vivre... Histoire d'une mariée condamnée bien malgré elle à être belle mère, roman d'un " arrangement " insolite entre deux individus qui ne se sont pas choisis, variation douce-amère sur le troisième âge, ce livre est comme un adieu, à travers le siècle, à une génération de gens simples, discrets, respectueux de leur destin. Dans une écriture complice et toujours vigilante, Claude Pujade-Renaud y met surtout en lumière un magnifique portrait de femme, aux plus beaux jours de la petite France des banlieues.

Mon avis : j'ai beaucoup aimé ce petit livre dense. J'apprécie particulièrement la façon dont l'auteur parvient à mettre en mots simples et choisis, les aspects les plus intimes de la vie quotidienne, sans jamais choquer. L'expression est sobre et retenue, mais on ressent tout au cours du récit, une profonde tendresse pour les êtres et les choses simples de la vie. A découvrir!

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V.Olmi : bord de mer

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Résumé : Elle vit seule avec ses deux petits garçons et pour la première fois les emmène en vacances. Cette escapade doit être une fête, elle le veut, elle le dit, elle essaie de le dire.
Ensemble ils vont donc prendre le car, en pleine nuit, sous la pluie. Les enfants sont inquiets : partir en période scolaire, partir en pleine semaine, partir en hiver à la mer les dérange. Mais demain tout ira bien, demain ils seront heureux. Demain il fera beau et ils verront la mer. Dans une langue âpre, empreinte de poésie, de tendresse et de révolte, Véronique Olmi compose une histoire simple et bouleversante. Car ce roman est un véritable cri - dérangeant, terrifiant, déchirant.

Mon avis : j'ai énormément apprécié ce beau petit roman sombre et fort bien écrit. L'ambiance est dense, oppressante, la tension monte jusqu'à la chute, une fin à la fois prévisible et inattendue pourtant, simplement fort triste.

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19 juillet 2008

Jocelyne François : joue-nous espana

Née à Nancy le 3 juillet 1933. Licence de philosophie. Poète, Romancière, elle publie son œuvre au Mercure de France. Elle reçoit le prix Femina pour son troisième roman, « Joue-nous « España» en 1980 et le prix Erckmann-Chatrian pour son dernier roman Portrait d’homme au crépuscule en 2001.

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Résumé : Dans ce roman autobiographique, Jocelyne François nous invite à découvrir l'enfance et l'adolescence d'une jeune lorraine. Construit sur une multitude de détails et de sensations, le lecteur plonge dans le passé proche de cette femme à travers des thèmes tels que l'homosexualité féminine ou la mort symbolique.

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Mon avis : c'est un livre fort bien écrit qui nous parle avec pudeur et simplicité d'un sujet encore délicat. Il m'interpelle par le message que l'auteure a voulu, nous transmettre à travers la délicate éclosion d'une amitié "particulière": c'est que au-delà de tout préjugé, de toute crainte envers "cette différence", nous pouvons retrouver notre semblable, notre frère, notre soeur, dans celui ou celle dont les aspirations de l'âme, les doutes, les erreurs, les hésitations, et le courage de l'auto-dépassement, sont tellement nôtres...A mettre absolument entre toutes les mains! Pour nous faire grandir, nous, et nous aider à dépasser notre peur, notre auto-complaisance, notre capacité de don et d'écoute, bien frileux, parfois.

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15 juillet 2008

Nancy Huston : l'empreinte de l'ange

Résumé : Nous sommes à Paris, à la fin des années cinquante. Saffie, l'énigmatique et belle Allemande aux yeux vert d'eau, devient l'épouse du grand flûtiste Raphaël Lepage, profondément épris dès le premier regard. Mariée, puis mère, Saffie ne change pas : rien ne semble pouvoir illuminer son visage fermé et triste, éclairer des yeux qui en ont trop vu - qui ont tout vu. Rien, sauf l'amour fou qui l'embrase le jour où elle remontre le luthier de Raphaël, un juif hongrois nommé András. Ecartelé entre son histoire et sa passion inattendue pour cette Allemande, il tente d'apprendre - et de lui apprendre - à vivre avec leur passé. Cette bouleversante histoire d'amour et de musique, qui évoque la mémoire, les espérances et les crimes de notre temps, a été couronnée par le grand prix des Lectrices de Elle 1999.

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Mon avis : encore un bon roman de cette auteure que j'affectionne!

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12 juillet 2008

Annie Ernaux : la place

Un extrait :
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"Mon père est entré dans la catégorie des gens simples ou modestes ou braves gens. Il n’osait plus me raconter des histoires de son enfance. Je ne lui parlais plus de mes études. Sauf le latin, parce qu’il avait servi la messe, elles lui étaient incompréhensibles et il refusait de faire mine de s’y intéresser, à la différence de ma mère. Il se fâchait quand je me plaignais du travail ou critiquais des cours. Le mot « prof » lui déplaisait, ou « dirlo », même « bouquin ». Et toujours la peur ou peut-être le désir que je n’y arrive pas.
Il s’énervait de me voir à longueur de journée dans mes livres, mettant sur leur compte mon visage fermé et ma mauvaise humeur. La lumière sous la porte de ma chambre le soir lui faisait dire que je m’usais la santé. Les études, une souffrance obligée pour obtenir une bonne situation et ne pas prendre un ouvrier. Mais que j’aime me casser la tête lui paraissait suspect. Une absence de vie à la fleur de l’âge. Il avait parfois l’air de penser que j’étais malheureuse.
Devant la famille, les clients, de la gêne, presque de la honte que je ne gagne pas encore ma vie à dix-sept ans, autour de nous, toutes les filles de cet âge allaient au bureau, à l’usine ou servaient derrière le comptoir de leurs parents. Il craignait qu’on ne me prenne pour une paresseuse et lui pour un crâneur. Comme une excuse : « On ne l’a jamais poussée, elle avait ça dans elle. » Il disait que j’apprenais bien, jamais que je travaillais bien. Travailler, c’était seulement travailler de ses mains"
Mon avis : j'ai bien aimé ce livre, petit et dense qui nous décrit avec beaucoup de finesse, l'histoire de ces personnes simples, fort attachées à leurs habitudes qui ont élevé une enfant qu'ils ne parviennent pas toujours à bien comprendre, tout simplement parce que les aspirations de part et d'autre, et plus généralement, les valeurs sociales ont changé au cours des génération. Ce récit, très intimiste me semble être une oeuvre clé de l'auteur.
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Posté par Sourifleur à 14:52 - Romans français - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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