Les lectures de Sourifleur

Mes envies et découvertes au fil de mes voyages littéraires

11 novembre 2009

Paul Auster : dans le scriptorium

Quatrième de couverture : L’homme qui, ce matin-là, se réveille, désorienté, dans une chambre inconnue est à l’évidence âgé. Il ne sait plus qui il est, il ignore pourquoi et comment il se retrouve assigné à résidence entre les quatre murs de cette pièce, percés d’une unique fenêtre n’ouvrant que sur un nouveau mur et d’une porte qui, pour lui demeurer invisible, doit bel et bien exister puisque des “visiteurs” vont la franchir… Sur un bureau, sont soigneusement disposés une série de photographies en noir et blanc, deux manuscrits et un stylo. Qui est-il ? Et que lui veulent ses interlocuteurs, dont cette Anna qui lui donne du “Mr Blank” et lui parle de comprimés, d’un traitement en cours, mais aussi, étrangement, d’amour et de promesses ? Une journée se passe, lors de laquelle les “visiteurs” qui se présentent reprochent au vieil homme de les avoir jadis envoyés accomplir de mystérieuses et périlleuses missions dont certains sont revenus irrémédiablement détruits. Et cependant qu’entre deux vertiges, corps et mémoire en déroute, Blank interroge des souvenirs qui refusent de se laisser exhumer, qu’il cherche dans le manuscrit l’hypothèse d’une explication, une caméra et un micro enregistrent le moindre geste, les moindres bruits de cette chambre où il subit son ultime et interminable épreuve…

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Mon avis : dans ce court roman, nous retrouvons le thème de la perte de l'identité cher à l'auteur. L'auteur nous offre un récit en deux plans, marquant la dissociation vécue par un individu entre ses ressentis et son histoire. Ce livre nous rappelle "seul dans le noir" mais il est mieux construit, plus interpellant, plus fascinant aussi. Je vous en conseille la lecture et moi-même je le relirais bien, parce que je ne me souviens plus de la fin du récit; c'est un livre que j'ai lu il y a quelques mois, et depuis j'en ai lus pas mal!

NB : merci à vous toutes et tous qui m'avez encouragée (voir post précédent), ça va mieux à présent et je me suis remise à lire pour de bon, mais comme je dévore mon rayon de livres fantastiques (j'en ai encore 7 à lire de ma PAL), vous me retrouverez sous peu sur mon "autre" blog  "au coeur du fantastique"  http://fantasmirific.canalblog.com/

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30 août 2009

Mark Spragg : une vie inachevée

L'auteur : Né dans un ranch du Wyoming, Mark Spragg évoque dans son œuvre toute la puissance et la poésie de l’Ouest américain. Là où les rivières se séparent a obtenu le Mountains and Plains Booksellers Award. Publié aux États-Unis en 2004, son second roman, Une vie inachevée, a été adapté au cinéma.

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Résumé : L'histoire se passe en milieu rural. Dans un vieux ranch, vivent deux vieux vétérans de la guerre de Corée, deux hommes taciturnes qui ont tout perdu : Einar Gylkynson, privé de sa femme et de son fils unique et son compagnon de misère, Mitch Bradley, souffrant et estropié. Deux hommes unis par une indéfectable amitié, tendre et bourrue.

Après dix années de pérégrinations diverses Jane Gilkynson, la belle-fille d'Einar a quitté l'Iowa pour échapper à la violence de son dernier compagnon, Roy, et revient au ranch familial. Elle y ramène une petite fille, Griff, l'enfant de Griffin, le fils déploré, mort dans un accident de voiture.

L'accueil d'Einar est plutôt réservé, depuis toujours; il a attribué à cette jeune femme pleine de coeur mais un peu étourdie, l'entière responsabilité de ce dérapage.

Mais la détermination de la fillette, sa force de caractère, et surtout son désir de vivre dans une véritable famille, vont changer le coeur blessé du vieil homme et apporter un supplément de tendresse dans la vie des deux compagnons. Tous les trois, ils vont vivre de réels instants de bonheur et de partage.

Mais l'arrivée inopinée de Roy, l'ancien compagnon de Jane compromet lourdement cette félicité tranquille.

La bonne volonté et la franchise de Jane lui permettront-elle de se faire enfin aimer et reconnaître?

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Mon avis : Ce récit lent divisé en chapitres courts et ponctué de phrases également brèves, nous plonge dans la vie rurale d'une petite bourgade isolée. Tendresse et âpreté ponctuent les dialogues entre les membres de cette famille reconstituée. Au fil des pages, le lecteur découvre chez l'auteur, un profond respect pour la vie dans ses manifestations les plus minimes, et une empathie très naturelle vis-à-vis de la souffrance. L'enfant, personnage clé de ce roman, est présenté ici comme la source de la joie véritable et le catalyseur d'une tendresse latente et omniprésente qui ne cherchait qu'à s'exprimer. A travers ses ressentis, elle nous offre un portrait idéalisé d'innocence et de courage.

J'ai bien aimé cette histoire intimiste, pleine de bons sentiments, un peu prévisible. C'est un livre facile, agréable à lire, d'une écriture correcte et qui nous met un sourire au coeur.  A lire pour la détente.

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Je remercie l'équipe de  43171708_p qui m'a permis de découvrir cette oeuvre et de la commenter.

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25 août 2009

Paul Auster : seul dans le noir

Résumé : "Seul dans le noir, je tourne et retourne le monde dans ma tête tout en m'efforçant de venir à bout d'une insomnie, une de plus, une nuit blanche de plus dans le grand désert américain." Ainsi commence le récit d'August Brill, critique littéraire à la retraite, qui, contraint à l'immobilité par un accident de voiture, s'est installé dans le Vermont, chez sa fille Miriam, laquelle ne parvient pas à guérir de la blessure que lui a infligée un divorce pourtant déjà vieux de cinq ans, et qui vient de recueillir sa propre fille, Katya, anéantie par la mort en Irak, dans des conditions atroces, d'un jeune homme avec lequel elle avait rompu, précipitant ainsi, croit-elle, le départ de ce dernier pour Bagdad... Pour échapper aux inquiétudes du présent et au poids des souvenirs, peu glorieux, qui l'assaillent dans cette maison des âmes en peine, Brill se réfugie dans des fictions diverses dont il agrémente ses innombrables insomnies. Cette nuit-là, il met en scène un monde parallèle où le 11 Septembre n'aurait pas eu lieu et où l'Amérique ne serait pas en guerre contre l'Irak mais en proie à une impitoyable guerre civile. Or, tandis que la nuit avance, imagination et réalité en viennent peu à peu à s'interpénétrer comme pour se lire et se dire l'une l'autre, pour interroger la responsabilité de l'individu vis-à-vis de sa propre existence comme vis-à-vis de l'Histoire. En plaçant ici la guerre à l'origine d'une perturbation capable d'inventer la "catastrophe" d'une fiction qui abolit les lois de la causalité, Paul Auster établit, dans cette puissante allégorie, un lien entre les désarrois de la conscience américaine contemporaine et l'infatigable et fécond questionnement qu'il poursuit quant à l'étrangeté des chemins qu'emprunte, pour advenir, l'invention romanesque.

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Mon avis : ce roman est bien dans la lignée de cet excellent auteur et se lit très facilement (on y retrouve un réalisme magique rendu accessible par une écriture toujours claire et limpide). Il reproduit en outre quelques thèmes familiers : la peur de la décrépitude physique, de l'approche de la vieillesse, décuplées par une interrogation lancinante  sur le sens réel de la responsabilité. Et pourtant, malgré cela (ou peut-être à cause de cette espèce de répétition), cette oeuvre ne m'a pas laissé de souvenir marquant. Juste un agréable moment de lecture, sans plus, ce qui n'est quand même pas mal.

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Sophie Kinsella : L'accro du shopping attend un bébé

Âgée d’une trentaine d’années, Sophie Kinsella (Madeleine Wickham) est une véritable star : auteur des Petits Secrets d’Emma (2005), de Samantha, bonne à rien faire (2007) et de Lexi Smart a la mémoire qui flanche (2009), elle est également reconnue dans le monde entier pour sa série-culte des aventures de L’accro du shopping, adaptées au cinéma en mai 2009. Tous ses romans ont paru chez Belfond et chez Presses Pocket.

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Le roman que je vous présente ici est le fruit de ma première incursion dans le monde de la "chicken litt" et représente le quatrième et dernier volume de la série évoquée.

Résumé : Du cachemire sinon rien ! Becky est enceinte et s'il est une chose qu'une fashionista de son calibre peut se jurer, c'est bien d'éviter les couches recyclées à bébé Brandon. Ce sera de la layette griffée, le top de la tétine, le nec plus ultra du pyjama branché. Sa carte bleue chauffe déjà que l'échographie n'a pas encore révélé le sexe de l'enfant ! Qu'importe. La seule et unique question importante : à combien s'élève le découvert autorisé d'un placenta ? Du shopping de haut vol mais pas seulement : Becky n'en démord pas, il lui faut Venetia Carter. L'accoucheuse des stars et – surprise ! — l'ex-girlfriend de Luke, le mari de Becky et heureux papa. La situation devient vite intenable, tant la dame est vexante, machiavélique. Bref : neuf mois d'enfer, à prix cassés...

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Mon avis : j'avais une certaine appréhension à ouvrir ce roman, mais attirée par une couverture attrayante toute en couleurs vives et un titre alléchant (aurais-je un petit côté fleur-bleu que j'ignore???), j'ai tenté le coup et je me suis mise à dévorer ces quelques centaines de pages en un temps record. A mon grand étonnement, la légéreté du récit ne m'a pas dérangée; au contraire, j'ai été emportée par un tourbillon de mots pleins de verve et d'humour, de phrases courtes, claires et limpides et par un enchaînement de situations un peu rocambolesques, mais incroyablement drôles. L'ensemble est vivant, rafraîchissant, et m'a parfaitement convenu pour récupérer de mes nombreuses promenades au soleil. Un beau petit présent à s'offrir ou à se faire offrir, idéal pour accompagner nos vacances.

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25 juillet 2009

Dan Brown : anges et démons

Résumé : Robert Langdon, le célèbre professeur d'histoire de l'art, spécialiste de symbologie religieuse, à Harvard, est convoqué au CERN, en Suisse, pour déchiffrer un symbole gravé au fer rouge sur la poitrine d'un éminent homme de science qui a été assassiné. Il découvre qu'il s'agirait d'un crime commis par une très ancienne société secrète, les 'illuminati', laquelle s'est également emparée d'un conteneur renfermant une substance très dangereuse. La secte, qui vient de resurgir après une éclipse de quatre siècles, a juré d'anéantir l'Eglise catholique. Langdon ne dispose que de quelques heures pour sauver le Vatican qu'une terrifiante bombe à retardement menace ! Ici Langdon aura comme alliée, Vittoria, une ravissante jeune scientifique qui l'aidera à décrypter d'archaïques symboles.

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Mon avis : Anges et démons est d'une lecture facile et agréable, c'est un livre de fiction (il ne faut surtout pas prendre ce récit pour une vérité historique!) que je lis volontiers quand je suis en congé. Une intrigue passionnante, des personnages pittoresques déambulant dans des sites historiques, une séquence d'actions à la "James Bond", voilà ce qui me détend après plusieurs mois de travail. Le dépaysement est garanti! D'une écriture honnête, de surcroît (mais oui!), j'ai même préféré ce roman au célébrissime "code Da Vinci" que j'ai trouvé un peu trop rocambolesque, même pour un récit de fiction. L'adaptation cinématographique d'anges et démons nous permet également de passer un moment agréable, mais pour comprendre l'enchaînement des indices et des actions, dans ce véritable jeu de pistes, je recommande fortement une petite lecture préalable du roman en question.

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21 décembre 2008

Kotzwinkle : le nageur dans la mer secrète

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Quatrième de couverture
C'est l'aube du jour qu'ils ont tant attendu, et sur les chemins glacés d'une forêt du Maine un homme et une femme se mettent en route vers la maternité. Si près d'eux, pourtant si lointain encore, dans la "mer secrète" un petit nageur se débat pour venir à leur rencontre. Longuement, interminablement, soudés par la force démesurée

Mon avis : ce texte relativement court et fort intimiste est une petite merveille. Il nous relate avec beaucoup de simplicité et de lucidité l'essence d'une vie dans ses pôles extrêmes. La joie, la souffrance et le deuil, sonnent juste et de ce fait, nous touchent au fond de l'âme. 

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13 septembre 2008

Kressmann Taylor : ainsi mentent les hommes

Présentation :

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Quand la douleur ou le désarroi sont trop forts, quand les émotions nous bousculent, le bruit, l'odeur, le simple mouvement d'un arbre ou d'une source peuvent nous apaiser.  Omniprésente dans ces nouvelles de Kressmann Taylor, la nature est la grande consolatrice. Confrontés à un père tyrannique, à un professeur frustrés, à des adultes qui mentent, les adolescents mis en scène avec subtilité par l'auteur ne retrouvent leur équilibre profond que dans cette immersion hors des hommes. Humiliation, remords, mélancolie, solitude scandent ces quatre histoires toutes banales, toutes simples, faussement simples, bien sûr, car elles cristallisent admirablement nos ambiguïtés et nos tensions.

Humiliation : un père de famille un peu fruste (Charles Corey) déplore la façon dont sa femme élève leur fragile petit garçon, Richard. Lui,il veut un fils viril, endurci et non un gamin peureux, surprotégé par sa mère. Pour ne pas subir le mépris paternel, l'enfant tente d'imiter l'adulte et apprend avec beaucoup de difficultés et de remords à lancer des remarques dénigrantes à sa maman, pour plaire à son paternel. Partagé entre ses deux parents et leurs attentes diamétralement opposées, ce sera pourtant à sa mère, qu'il offrira un réel dépassement de lui-même et de ses forces(il réussira à plonger en dessous-d'un radeau et à atteindre son bord extrême, en apnée). 

Remords : David, un tout jeune adolescent un peu introverti et fort sensilbe, est devenu la tête de turc de son professeur d'histoire, Monsieur Pross. Assis derrière une petite jeune fille provenant d'un milieu très défavorisé, qui contrairement aux autres, lui inspire plutôt de la compassion que du mépris, il ne parviendra pas à se défendre lorsque son professeur l'attaque injustement une ultième fois. Rempli de terreur, David accablera sa jeune condisciple pour détourner la fureur de l'adulte. Les conséquences de cette lâcheté seront à la fois innatendues et désastreuses.

Mélancolie : Ici, l'auteure nous parle de deux adolescents - Stella Tarrant, une ravissante jeune ingénue et un jeune homme affabulateur et séducteur- qui expériment leur désir amoureux en utilisant tous les artifices dont ils disposent. Dans ce genre de rencontre mensongère, chacun en sort amoindri et frustré.

Solitude : cette histoire raconte le lien étrange entre un couple aisé et leur femme de ménage, une très vieille personne assez démunie qui dans sa jeunesse, fut une artiste connue. Ce n'est qu'à la mort de cette dernière que la vérité à la fois belle et terriblement triste, éclatera.

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Mon avis : j'ai beaucoup aimé le thème de ce très beau recueil et la façon dont il a été traité (tout en nuances et dans ses nombreux aspects) par l'auteure. L'écriture est belle, fine et limpide. Toutes les histoires se valent, sauf la troisième que j'ai rrouvé trop prévisible et nettement plus froide. J'ai bien aimé aussi, d'un récit à l'autre, ce voyage entre enfance et âge adulte.

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19 août 2008

Carole Shields : miracles en série

L'auteur :

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Benjamine de trois enfants, Carol Ann Warner, fait ses études au Hanover College, à l'université d'Exeter en Angleterre et à l'université d'Ottawa au Canada, où elle obtient une maîtrise. En 1957 elle épouse Donald H. Shields et s'installe au Canada. Ils auront cinq enfants. Elle travaille comme assistante d'édition dans un journal et comme professeur aux universités de Ottawa et de British Columbia, avant de devenir recteur et professeur de l'université de Manitoba. Carol Shields est l'auteur de trois recueils de nouvelles, trois recueils de poésie, quatre pièces de théâtre, d'un livre critique, d'une biographie de Jane Austen (en 2001) et de dix romans. Son premier roman 'Small Ceremonies' est publié en 1976. En 1993 'The Stone Diaries' (La mémoire des pierres, 1995) est récompensé par le Prix Pulitzer et le Governor's General Award du Canada. 'Larry's Party' (1997, Une soirée chez Larry, 1998) obtient le Orange Prize, le National Book Critics Circle Award et le Prix du Livre. Carol Shields passe à la loupe le labyrinthe de la vie ordinaire de femmes ordinaires et de leurs pensées intimes, explorant l'importance du quotidien, la nécessité des relations et le croisement entre la vie des individus et de leur communauté. Pour elle, le quotidien est source de beauté. Shields plonge au coeur de la vie intime de ses personnages, montrant comment les endroits, les gens et les relations déterminent qui nous sommes. Elle a succombé à un cancer du sein.

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Ces Miracles en série ne sauraient être réduits à la seule forme de la nouvelle. Nous les découvrons au carrefour du conte, du récit et de l'anecdote, prêts à nous convaincre qu'un recueil de nouvelles est bien plus que la somme des textes qui le composent. Ils forment un véritable parcours d'initiation à la folie du quotidien, dans lequel la banlieue prend des allures de terra incognita : les bungalows révèlent leurs chambres secrètes tandis que les vérandas et les cours arrière, dissimulées derrière les clôtures, préservent jalousement leurs non-dits...

Mon avis : c'est le premier livre que je lis de cette auteure (merci de me l'avoir fait découvrir, Sybilline!), et j'ai beaucoup apprécié le caractère intimiste de ses nouvelles, empreintes d'une très douce ironie. Je suis cependant moins tentée par ses romans. 

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Paul Auster : Brooklyn Folies

Brooklyn Folies

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Nathan Glass a soixante ans. Un divorce, un cancer en rémission, trente ans de carrière dans une compagnie d'assurances à Manhattan et une certaine solitude qui ne l'empêche pas d'aborder le dernier versant de son existence avec sérénité. Chaque jour, Brooklyn et ses habitants le séduisent davantage, il prend ses habitudes, tombe sous le charme d'une serveuse et décide de faire un livre dans lequel seraient consignés ses souvenirs, ses lapsus, ses faiblesses de langage, ses grandes et petites histoires mais aussi celles des gens qu'il a croisés, rencontrés ou aimés. Un matin de printemps, le 23 mai de l'an 2000, ce livre intitulé Brooklyn Follies prend une autre dimension. Ce jour-là, dans une librairie, Nathan Glass retrouve son neveu Tom Wood. Perdu de vue depuis longtemps, ce garçon de trente ans reprend très vite la place qui fut la sienne dans le cœur de son oncle. Et c'est ensemble qu'ils vont poursuivre leur histoire, partager leurs émotions, leurs faiblesses, leurs utopies mais aussi et surtout, le rêve d'une vie meilleure à l'hôtel Existence...

Mon avis : c'est le quatrième livre que je lis de cet auteur (j'ai lu, dans l'ordre "la musique du hasard", "cité de verre" et "la nuit de l'oracle", tous très intéressants), et c'est de loin, mon préféré! J'ai eu un véritable coup de coeur pour cette histoire pleine d'espoir et de tendresse écrite comme un road-movie! L'auteur nous livre une belle réflexion sur la relativité des affects humains, et sur la possibilité latente ou non à tous d'accéder au bonheur et à la sérénité, en passant par la tendresse.

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29 juillet 2008

Kressmann Taylor : jours d'orage

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Toscane, 1960. Amanda Lashe, jeune veuve américaine, s'installe quelques mois à Florence avec sa fille. Mais lors d'une excursion dans les collines environnantes un terrible orage éclate, les obligeant à s'établir provisoirement dans un village isolé: Rocca al Sole. Elles y font la connaissance du marquis Eduardo Carleone. Quinze ans auparavant, il avait perdu sa femme, sauvagement assassinée par les nazis qui, envahissant les collines, avaient massacré femmes et enfants. Depuis ce jour, la rancœur des villageois envers les Allemands ria jamais connu de repos. Lorsque le matin de l'orage ils identifient un de leurs tortionnaires parmi un groupe de touristes allemands, les villageois décident de faire justice eux-mêmes. Dès lors, ce village coupé du monde devient le théâtre de toutes les tensions. Jours d'orage marque le retour de Kressmann Taylor sur ses terres de prédilection : la possibilité d'un pardon pour les crimes de guerre. Mais ce dernier roman nous offre aussi pour la première fois une magnifique histoire d'amour.

Mon avis : j'ai beaucoup aimé ce roman pour ses descriptions pleine de lyrisme d'une région belle et sauvage. La haine de l'ennemi forme la trame de ce roman ; une haine ressassée et implacable entretenue par une communauté fermée sur elle-même. Une haine aveugle qui cherche son assouvissement au-delà de toute raison. Jusqu'à la fin, le lecteur se demande si l'Amour particulier que vivent les personnages principaux de l'histoire, aura la force nécessaire pour transcender le Mal et rayonner dans les ténèbres? L'orage gronde.. et on attend un soleil bienfaisant..

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