24 septembre 2009
Molina : pleine lune
Résumé : Dans une petite ville du Sud de l'Andalousie battue par la pluie et le vent, une fillette est retrouvée morte sur le talus d'un parc. L'hiver et la peur tombent sur la ville tandis que se font entendre, comme une trame en continuelle expansion, les voix des personnages liés entre eux par des bribes de passé et l'horreur d'une cruauté gratuite - l'inspecteur, l'institutrice, le médecin légiste, l'assassin enfin, qui vit dans la haine et la soumission du plus faible.
Mon avis : j'ai beaucoup aimé ce livre dense et fort bien écrit. Les personnages sont décrits avec finesse et minutie et une grande attention a été accordée par l'auteur à l'évocation de l'ambiance qui règne dans cette petite bourgade, et son regard visionnaire nous dévoile par étapes, la résonnance des liens qui se nouent entre les différents protagonistes de cette histoire. J'apprécie l'humanisme de l'auteur, la sobriété avec laquelle il exprime les méandres des passions qui agitent l'être humain, soient elles inconscientes, et la belle construction de l'intrigue, savamment élaborée, jamais ennuyeuse, nous amenant pas à pas, vers sa fin.
04 mai 2008
Alejo Carpentier : concerto baroque
XVIIIe siècle : Un richissime seigneur mexicain débarque à Venise, en plein carnaval. Déguisé en Montezuma, il se mêle à la foule et y rencontre le prêtre Antonio Vivaldi, toujours à la recherche d'un sujet d'opéra.
Attiré par la magnificence du costume qu'arbore le Mexicain, Vivaldi se fait raconter la terrible histoire de l'empereur indien trahi par Cortés. Le Mexicain est transporté par les improvisations musicales de Vivaldi, flanqué de ses amis Scarlatti et Händel. Tous quatre se rendent dans un couvent de religieuses musiciennes, puis vont sur la tombe d’ lgor Stravinsky, blâmé pour sa manie récente de plagier les archaïsmes du Moyen Age... Tout est anachronique dans ce court roman musical, mais comment s'étonner que les chronologies s'enchevêtrent, quand c'est la musique, forme sublimée du temps, qui mène le récit ...
Alejo Carpentier compose ici un concert, en employant toutes les ressources sonores du langage, avec des allegros tumultueux, des andantes apaisés, des somptueux adagios...
C'est fantasque, original, poétique, délicieusement anachronique et fort bien écrit!
Vous découvrirez un Vivaldi inédit côtoyant du bien beau monde!
15 avril 2008
Mes livres préférés (1) : Zafon - L'ombre du vent
Dans la Barcelone de l'après-guerre civile, " ville des prodiges " marquée par la défaite, la vie est difficile, les haines rôdent toujours. Par un matin brumeux de 1945, un homme emmène son petit garçon - Daniel Sempere, le narrateur - dans un lieu mystérieux du quartier gothique : le Cimetière des Livres Oubliés. L'enfant, qui rêve toujours de sa mère morte, est ainsi convié par son père, modeste boutiquier de livres d'occasion, à un étrange rituel qui se transmet de génération en génération : il doit y " adopter " un volume parmi des centaines de milliers. Là, il rencontre le livre qui va changer le cours de sa vie, le marquer à jamais et l'entraîner dans un labyrinthe d'aventures et de secrets " enterrés dans l'âme de la ville " : L'Ombre du Vent. Avec ce tableau historique, roman d'apprentissage évoquant les émois de l'adolescence, récit fantastique dans la pure tradition du Fantôme de l'Opéra ou du Maître et Marguerite, énigme où les mystères s'emboîtent comme des poupées russes, Carlos Ruiz Zafon mêle inextricablement la littérature et la vie.



