21 décembre 2008
Murakami : Kafka sur le rivage
Résumé :
Kafka Tamura, quinze ans, fuit sa maison de Tokyo pour échapper à la terrible prophétie que son père a prononcée contre lui. Nakata, vieil homme simple d'esprit, décide lui aussi de prendre la route, obéissant à un appel impérieux, attiré par une force qui le dépasse. Lancés dans une vaste odyssée, nos deux héros vont croiser en chemin des hommes et des chats, une mère maquerelle fantomatique et une prostituée férue de Hegel, des soldats perdus et un inquiétant colonel, des poissons tombant du ciel, et bien d'autres choses encore. Avant de voir leur destin converger inexorablement et de découvrir leur propre vérité.
Mon avis : j'ai apprécié le caractère un peu déjanté de l'intrigue et son côté un peu fantastique, mais après un début qui me semblait très prometteur, j'ai plutôt été déçue par une fin qui part en "eau de boudin". De plus, le style assez froid, le recours de l'auteur à des phrases courtes et incisives, ne m'a pas permis de vibrer à la lecture de ce gros roman; je suis contente d'avoir découvert l'oeuvre clé de cet auteur, mais je ne suis guère tentée ni par une relecture de "Kafka", ni par la lecture d'une seconde oeuvre.
27 juillet 2008
Karel Capek : récits apocryphes
Karel Capek(1890-1938) est un écrivain tchèque, auteur de romans, de pièces de théâtre, de contes et d’essais qui en font l’un des symboles du premier État tchécoslovaque.
Karel Čapek écrivit avec humour et intelligence sur une grande variété de sujets. Son œuvre n'est pas uniquement connue pour sa description exacte de la réalité mais pour ses études sur la langue tchèque et deviendra immortel pour avoir créé de la science-fiction bien avant qu'elle ne devienne un genre littéraire a part entière.
Les 29 récits apocryphes ont été écrits pas Capek entre 1920 et 1938. Chacun des récits, à quelques exceptions près, est centré autour d'un personnage historique ou semi-légendaire bien connu de tous. Réfutant le plus souvent les notions transmises par l'histoire, Capek nous montre ce personnage sous des côtés intimes, parfois inattendus, nous expose les mobiles de ses actes, en fait une étude psychologique tournant à la satire. L'humour domine dans la plupart des récits, mais certains sont empreints également d'une grande tendresse et d'un grand amour de l'homme. La vision personnelle de l'auteur leur donne une forte résonance d'actualité. Ces récits sont groupés, dans l'édition finale, selon l'ordre chronologique de l'apparition des personnages dans l'histoire.
Mon avis : un petit livre un peu déjanté comme je les aime! Un petit bijou (plutôt difficile à acquérir) que je recommande vivement!
Victor Paskov : ballade pour Georg Henig
Musicien et écrivain bulgare
Victor Paskov vit à Sofia (Bulgarie) où il est né en 1949. Il est l'auteur de plusieurs romans dont trois ont été traduits en français dans les années 1990 : Ballade pour Georg Henig, Allemagne, Conte cruel et Big Business.
Le premier roman de l'auteur, d'inspiration autobiographique, : Une histoire d'amitié entre un vieux luthier et un petit garçon dans un monde de musique avec Sofia dans les années 1950 pour toile de fond, vibrant au son des anecdotes du quotidien.
Un livre merveilleux et tendre, à l'image de ses violons et qui a obtenu dans son pays le Prix de la meilleure œuvre en prose. « Paskov sait brosser en quelques lignes des vignettes dignes de Woody Allen, extrêmement drôles et profondément mélancoliques. » (Tzvetan Todorov, Le Nouvel Observateur)
Mon avis : c'est un tout beau récit pleine de tendresse. Il est construit à partir d'un dialogue de coeur à coeur entre deux personnes qui, à partir du bout diamétralement opposé de leur existence, se rejoignent à travers la musique, au-delà de la misère engendrée par la pauvreté matérielle et de la convoitise des rapaces humains qui sont toujours à l'affût.
24 juillet 2008
Gabrielle Roy : la route d'Altamont
Je vous présente encore une très belle oeuvre de cette romancière canadienne.
Quatrième de couverture
La route d'Altamont
Quatre récits composent la trame de ce roman où Gabrielle Roy poursuit - en l'approfondissant - l'exploration de sa propre condition de femme et d'écrivain qu'elle avait entreprise dans Rue Deschambault. Christine, cette fois, découvre les grands mystères de l'existence et de la création: le passage et l'éternité du temps, la suite des générations et des âges de la vie, les risques de l'errance, la dure nécessité de rompre si l'on veut accomplir son destin. Exaltantes ou déchirantes, ces découvertes se font pourtant à travers les expériences les plus familières, comme une randonnée en voiture à travers la plaine du Manitoba
23 juillet 2008
Pär Lagerkvist : Barrabas
L'auteur : Pär Lagerkvist (23 mai 1891 – 11 juillet 1974) est un écrivain suédois. Il a reçu le Prix Nobel de littérature en 1951.
Parmi les thèmes principaux de son œuvre, il y a la question du bien et du mal. Il a écrit notamment Barrabas, Le Bourreau, La Sybille, La Mort d'Ahasverus et Le Nain.
Il était l'auteur qui a présenté le modernisme en la Suède, avec ses premiers travaux Chaos, Angoisse et la manifeste Ordkonst och Bildkonst.
L'histoire racontée par Lagerkvist fait de Barabbas un condamné à mort pour sédition et meurtre, sort auquel il échappera, remplacé sur la croix par Jésus. Il est gracié à l'occasion de Pâques, à la demande de la foule de Terre Sainte, alors que Ponce Pilate proposait de libérer Jésus.
Dans ce roman de Pär Lagerkvist, la contemplation du crucifié sur le mont Golgotha entraîne Barabbas vers une sorte de quête de la foi. Le supplice du Christ le marque à tout jamais, jusqu'à l'instant où, à son tour crucifié, il prononce ces mots à la fois mystérieux et transparents : « À toi je remets mon âme...» Cette méditation sur le sens tragique de l'existence, où Dieu, s'il reste muet, n'est jamais absent du monde, valut à son auteur le prix Nobel en 1951.
Mon avis : c'est un livre profond et beau, d'une écriture agréable. Une médiation intéressante sur le thème de la culpabilité, et de l'expiation.
Dostoïevsky : Crime et châtiment
Résumé : Seul l'être capable d'indépendance spirituelle est digne des grandes entreprises. Tel Napoléon qui n'hésita pas à ouvrir le feu sur une foule désarmée, Raskolnikov, qui admire le grand homme, se place au-dessus du commun des mortels. Les considérations théoriques qui le poussent à tuer une vieille usurière cohabitent en s'opposant dans l'esprit du héros et constituent l'essence même du roman. Pour Raskolnikov, le crime qu'il va commettre n'est que justice envers les hommes en général et les pauvres qui se sont fait abusés en particulier. "Nous acceptons d'être criminels pour que la terre se couvre enfin d'innocents", écrira Albert Camus. Mais cet idéal d'humanité s'accorde mal avec la conscience de supériorité qui anime le héros, en qualité de "surhomme", il se situe au-delà du bien et du mal. Fomenté avec un sang-froid mêlé de mysticisme, le meurtre tourne pourtant à l'échec. Le maigre butin ne peut satisfaire son idéal de justice, tandis que le crime loin de l'élever de la masse, l'abaisse parmi les hommes. Raskolnikov finira par se rendre et accepter la condamnation, par-là même, il accèdera à la purification. Crime et Châtiment est le roman de la déchéance humaine, l'oeuvre essentielle du maître de la littérature russe. --Lenaïc Gravis et Jocelyn Blériot --
Mon avis : Malgré sa longueur, j'ai pu apprécier ce grand classique à sa juste valeur! C'est bien écrit et la pensée de Dostoïevsky part d'une profonde méditation. Cette histoire de passion et de grandeur est une allégorie, une façon toute littéraire de la part de l'auteur de s'ériger contre un système économique et social, totalitaire, matérialiste, afin de ne pas perdre son âme. Son héros,le jeune Raskolikov est exalté, passionné jusqu'à l'excès et passera par une longue succession d'angoisses et de tourments pour atteindre la vraie sagesse.
21 juin 2008
Casares : la trame céleste
Puis-je vous conseiller son recueil de nouvelles "la trame céleste"? C'est bien écrit, finement réfléchi et un tantinet fantastique....!
On y côtoie un écrivain hanté par le souvenir d'un amour perdu, une étrange bâtisse peuplée d'êtres de cauchemar, les curieux pouvoirs d'une statuette sur les hommes... autant de récits mettant en scène des individus pris au piège d'une réalité banale qui bascule lentement, comme si de rien n'était, vers le fantasque.
Je pense que notre ami Fantasio pourrait bien apprécier ce genre de littérature!
16 mai 2008
Nikos Kazantzaki : la dernière tentation du Christ
Níkos Kazantzákis (en grec Νίκος Καζαντζάκης) est un écrivain grec né à Héraklion, (Crète) le 18 février 1883 et décédé le 26 octobre 1957 à Fribourg-en-Brisgau (Allemagne). Penseur influencé par Nietzsche et Bergson, il a également adhéré au marxisme et au bouddhisme, tout en étant profondément chrétien. Journaliste envoyé comme correspondant dans diverses régions du monde, notamment pendant la Guerre d'Espagne pour le quotidien Kathimeriní, il a par ailleurs exercé à diverses reprises des fonctions officielles en Grèce, notamment en organisant le rapatriement des centaines de milliers de réfugiés micrasiates suite à la révolution russe de 1917 et au démantèlement de l’Empire ottoman en 1922 et un bref passage au gouvernement après la Seconde Guerre mondiale. Il fut lauréat du Prix international de la paix en 1950.
La dernière tentation du Christ
Quatrième de couverture
" Je suis sûr que tout homme libre qui lira ce livre plein d'amour aimera plus que jamais, mieux que jamais, le Christ. " N. Kazantzaki.
Voici le livre dont a été tiré le film de Martin Scorsese qui provoqua tant de remous : échos lointains et puissants du scandale qui frappa le roman à sa sortie, dans les années 1950, et qui valut à Nikos Kazantzaki une menace d'excommunication.
Mon avis : Je ne comprends pas la raison pour laquelle ce livre, et surtout le film qui en a été tiré, a fait l'objet d'une telle polémique! L'auteur nous peint ici un portrait d'un Christ à la fois très humain, dans ses réflexions, ses doutes, ses angoisses, parfois, et profondément inspiré dans ses choix personnels vis-à-vis des tentations qui lui sont offertes. Le récit respecte le texte évangélique dans l'esprit (est-ce témoigner d'une spiritualité vivante, en se tenant principalement à la lettre?) et nous y lisons un profond respect de l'homme pour Dieu. Si le texte présenté nous interpelle, nous offre l'occasion de méditer plus profondément l'engagement du Christ, est-ce répréhensible? Personnellement, je trouve ce roman très beau!
04 mai 2008
Zweig : la confusion des sentiments
Le sujet : Ce livre nous parle d'une façon très sobre d'un sujet difficile parce que trop connu et très mal compris : l'homosexualité ou plutôt l'homoaffectivité...
Ce roman merveilleusement écrit nous décrit d'une façon très sobre mais avec des mots vrais, l'attachement enthousiaste d'un étudiant d'univesité pour son professeur.
Cet attachement est partagé par le vieux maître, et cependant, ce sentiment ne pourra jamais se vivre, car il se fonde sur un ressenti intime totalement diférent entre les deux protagonistes.
Les deux hommes auront l'occasion de se dire, d'exprimer chacun leur vérité, qui ne sera jamais totalement comprise par l'autre...Le dit de cette double vérité, renverra chacun à une solitude plus grande encore que celle qui existait dans le non-dit..

Mon avis : c'est un roman très bien écrit, poignant, grave et triste qui nous montre les difficultés que peut rencontrer l'âme à vouloir se donner quand les circonstances extérieures et le cheminement intérieur ne rendent pas ce Don possible.











