Né en 1913

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Henry Bauchau a acquis une réelle notoriété littéraire en 1990 avec la publication d’ « Œdipe sur la route » et de sa suite « Antigone » (Prix Rossel 1997).
Journaliste avant-guerre à la revue « La cité chrétienne », il publie des articles d’un catholicisme militant. Il fonde ensuite au début du conflit un mouvement (Le Service des Volontaires au Travail pour la Wallonie) chargé d’éviter à de nombreux jeunes la déportation en Allemagne. Il quitte l’organisation lorsque l’occupant cherche à la récupérer et il s’engage alors dans la résistance armée. Ce revirement tardif lui est reproché et le contraint à s’exiler à Paris. Suivent alors des années de déprime, où il cherche le réconfort dans la psychanalyse et la poésie. On sent l’influence de ces expériences dès ses premières publications (« Gengis Kahn », 1960 ou « La déchirure », 1966) qui contiennent déjà les grands thèmes récurrents de son œuvre : l’enfance, le rejet du rationalisme, le rêve…
Dans le « Journal d’Antigone (1989-1997) », il évoque les années de création de son dernier roman. Il y note l’importance de la poésie, de l’inconscient, des rêves et de l’écriture. Il se déclare condamné « à écrire sous l’impératif de certaines constellations intérieures » et habité par les personnages qu’il crée, Polynice et Antigone, qui vivent en lui, hantent ses nuits et peuplent ses rêves. La langue semble pour lui un moyen de connaissance du divin, littérature et spiritualité étant ainsi intimement mêlées.
Admiratif de l’œuvre d’Ernst Jünger (1895-1998), il ressent la même nécessité de « sortir de l’abîme de la pensée rationnelle » jugée sclérosante et pesante. On retrouve là le même enthousiasme mystique, le même goût pour l’Antiquité ainsi qu’une « forte conscience des bouleversements telluriques encore secrets qui sont en train de se produire ». L’œuvre d’Henry Bauchau offre l’image d’un syncrétisme étonnant, mêlant psychanalyse et philosophies asiatiques à ses convictions chrétiennes.