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Issu d'une famille de la bourgeoisie juive viennoise, il parcourut l'Europe au cours de nombreux voyages avant la Première Guerre mondiale, et ira en Inde en 1910 puis aux États-Unis en 1912. Il se prit d'amitié avec notamment Romain Rolland, Sigmund Freud (dont il rédigea l'oraison funèbre et à qui il faisait lire ses nouvelles avant parution), Émile Verhaeren sur lequel il produisit une remarquable biographie pleine d'admiration et de reconnaissance pour le grand poète flamand. Polyglotte accompli, il traduisit de nombreuses œuvres de Charles Baudelaire, Arthur Rimbaud, Paul Verlaine, John Keats… Grand connaisseur du monde des arts et des lettres, il nourrit toute sa vie une grande passion pour les autographes et les portraits d'écrivains, qu'il collectionnait.

D'après son autobiographie Le monde d'hier - Souvenirs d'un Européen, quoique engagé au service de l'Autriche au début de la Première Guerre mondiale, Zweig est un pacifiste convaincu.

Affecté par la sortie de guerre de l'Autriche, largement réduite, les difficultés matérielles et la dévaluation qui s'ensuivirent, il considère que la décennie 1924-33 constitue la période la plus intense de sa création artistique.

En 1934, il part en Angleterre à cause des persécutions antisémites, il y débutera l'écriture d'une biographie de Marie Stuart. Il attira la colère des nazis lors de l'adaptation cinématographique de l'un de ses ouvrages (Brûlant secret 1938) et un autodafé de ses œuvres eut lieu à Berlin. Il s'établit enfin au Brésil en 1941 où il se suicide à Pétropolis, près de Rio-de-Janeiro, le 23 février 1942, avec Lotte, son épouse, trop affecté de voir la Seconde Guerre mondiale détruire ses rêves d'humanisme et d'Europe pacifiée.

Son œuvre, particulièrement éclectique, comporte quelques recueils de poésies, quelques pièces de théâtre (Thersite 1907, Volpone 1927…). Il est surtout connu pour ses nouvelles (Amok 1922, la Confusion des sentiments 1926, Vingt-quatre heures de la vie d'une femme 1934), histoires de passion intense pouvant aller parfois jusqu'au morbide ou à la folie. Son œuvre phare, le Joueur d'échecs, a été publiée à titre posthume. Il a écrit de nombreuses biographies (Fouché, Marie Stuart, Magellan, Marie-Antoinette…) d'une grande acuité psychologique et qui comportent une réflexion sur les problèmes de son temps (Érasme 1935).