26 avril 2008
(de) Montherlant : la ville dont le prince est un enfant
La Ville dont le prince est un enfant (dont le titre est tiré d'un verset de l'Ecclésiaste : « Malheur à la ville dont le prince est un enfant ») a été l'une des premières œuvres de Montherlant, ébauchée dès 1912 sous le titre de Serge Sandrier, puis reprise et transformée pendant presque 40 ans avant d'être publiée avec précautions en 1951. Son aspect autobiographique, que, de son vivant, l'auteur déniait maladroitement, est aujourd'hui reconnu : le héros, Sevrais, c'est Montherlant. Il publiera en 1969, peu de temps avant sa mort, un roman, Les Garçons, dont la même pièce est le cœur (dans cette version, André Sevrais devient Alban de Bricoule)
Trame dramatique
Dans un collège catholique, Serge Souplier, jeune garçon un peu rebelle, mais touchant de naturel, attire l'attention de l'abbé de Pradts et d'André Sevrais, un de ses camarades plus âgés. L'amour trouble et exigeant qu'éprouvent ces deux personnages va les faire entrer en conflit, après une tentative de coopération. Emporté par sa passion, l'abbé utilisera sa position d'autorité pour tenter de manipuler son rival adolescent, au prétexte de protéger le cadet, et finalement il sera entraîné par les événements qu'il aura provoqués.
Mon avis : un récit à la fois sauvage et tendre sur un thème combien délicat et pourtant plus répandu qu'on ne le croit parmi ces adolescents "enfermés" entre les quatre murs d'une institution : les amitiés particulières...j'ai adoré (et frémi sous l'intensité des passions qui nous sont ainsi révélées)!!
Etty Hillesum : une vie bouleversée
Une vie bouleversée
Etty Hillesum est juive. Elle commence un journal en 1941, sa seule publication à ce jour. À 27 ans, sa foi en la vie, en l'homme et en l'art étonnent, d'autant que la guerre et ses mesures antisémites sévissent. Mais à peine en fait-elle part dans son journal qu'elle emploie plutôt à se dire, à comprendre sa relation au monde, aux autres et à Spier, l'homme qu'elle aime, également psychanalyste et disciple de Jung. Alors que l'humanité s'avilit, la voix de la jeune Néerlandaise s'élève comme une incantation, d'une pureté sans fard et sans naïveté. En 1943, sa famille est déportée à Westerbork. Avant même d'être appelée, elle la rejoint, accomplissant le voeu qui clôture son journal : "On voudrait être un baume versé sur tant de plaies.

Mon avis : cela fait plus de 10 ans que j'ai lu cette oeuvre qui m'a profondément marquée par son humanisme profond et son altruisme très sobre.Chez cette jeune femme, la pensée et le coeur sont en parfaite harmonie. Et cette cohésion, cette solidité intérieure permet à cette âme d'exception de dépasser l'horreur du génocide, et de couvrir de sa lumineuse tendresse, la faiblesse et la souffrance de ses compagnons et compagnes de misère..Un livre à lire absolument, pour nous aider à croire au meilleur, à ne jamais désespérer, et à nous faire comprendre le sens du véritable bonheur...qui ne peut se vivre qu'en s'offrant..Un livre que j'ai également appréciée pour son langage incisif, fruit d'un ressenti particulièrement profond et juste, et d'un enthousiasme à la fois passionné et retenu. Et last but not least : l'écriture est très belle..
Etty Hillesum
Etty (Esther) Hillesum est née le 15 janvier 1914 à Middelburg, en Zélande province des Pays-Bas, de parents juifs. Son père, professeur de langues anciennes était un érudit.
En 1924, il s'installa avec sa famille à Deventer où il fut directeur adjoint, puis directeur du lycée municipal. Sa mère, russe à la forte personnalité, s'était réfugiée en Hollande pour fuir les pogroms. Etty étudie le droit à Amsterdam, obtient sa maîtrise en 1939 et entreprend des études de Russe.
Elle part en août 1942 à Westerbork, où elle accepte un travail au sein du Conseil Juif, devenant une simple résidente du camp.
En juillet 1943, les autorités nazies suppriment le statut particulier réservé jusqu'alors aux membres du Conseil Juif.
Le 7 septembre 1943, Etty, son frère Mischa et leurs parents furent déportés vers Auschwitz. Aucun d'entre eux ne survécurent.
Elle meurt à Auschwitz le 30 novembre 1943.
Katherine Pancol : un homme à distance
Résumé : Ceci est l'histoire de Kay Bartholdi. Un jour, Kay est entrée dans mon restaurant. Elle a posé une grosse liasse de lettres sur la table. Elle m'a dit : Tu en fais ce que tu veux, je ne veux plus les garder. " Ainsi commence ce roman par lettres comme on en écrivait au XVIIIe siècle. Il raconte la liaison épistolaire de Kay Bartholdi, libraire à Fécamp, et d'un inconnu qui lui écrit pour commander des livres. Au fil des lettres, le ton devient moins officiel, plus inquisiteur, plus tendre aussi. Kay et Jonathan parlent de leurs lectures, certes, mais entament un vrai dialogue amoureux. Ils se font des scènes, ils se font des confidences, ils se tendent des pièges, s'engagent dans une relation que Kay, hantée par le souvenir d'une déchirure ancienne, s'efforce de repousser. Mais qui pourrait prédire vers quelle révélation l'emmène ce nouveau lien noué à travers des livres dont chacun des correspondants se sert comme de masques pour cacher ses vrais sentiments ? mon avis : ce petit livre est fort bien écrit et très agréable à lire mais je déplore sa fin un peu plate et décevante par rapport au début fort prometteur. Bien qu'il soit très différent de l'oeuvre précédente, je sens que l'auteure par le biais de lécriture nous communique ses angoisses personnelles et ses propres démons intérieurs.




